Je fais suite à mon précédent article sur le déconfinement et aux commentaires des lecteurs, certains, les plus nombreux, très positifs, d’autres témoignant d’une pré-adhésion en quelque sorte vertueuse et à leur corps défendant au conditionnement ; ceux-là sont des victimes ; d’autres enfin relevant du procès d’intention et de la projection de leur propre peur et de leurs propres fantasmes alors que je n’ai jamais dit que je sortirais sans masque. 

Très longtemps, moi qui ai toujours été un rebelle, viré de tous les lycées, atypique marginal au boulot, je me suis demandé comment pouvaient fonctionner les dictatures et comment des hommes seuls pouvaient prendre barre sur des peuples entiers et les soumettre. Mon expérience personnelle m’a permis de mesurer qu’un caractère trop indépendant vous valait une sorte de suspicion sociale en retour, et que finalement la société, dans sa majorité, était plutôt moutonnière et consentante à un certain ordre tacite. Le consensus social conduit à la norme et la norme au rejet de « l’anormal », c’est ainsi qu’en temps ordinaire s’établit une certaine forme de contrôle social mutuel et spontané. Il n’est pas mauvais en soi, il faut bien que la société se tienne ; juste pénible pour ceux qui sont un peu en dehors de la courbe de concentration.

Mais de là à imaginer comment les dictatures peuvent se coaguler et comment, comme on peut l’entrevoir, certains peuvent y contribuer, il y avait un pas que je croyais infranchissable en France. Pourtant certaines observations anciennes pouvaient déjà laisser entrevoir ce qui est en train de se passer.

Pendant mon service militaire, j’ai refusé de faire les EOR pour faire l’expérience de l’immersion à parité dans la profondeur de catégories sociales que je ne côtoyais pas dans mon milieu d’origine. Il me semblait que j’en tirerais un enseignement pour le reste de ma vie. Ce fut le cas. Je compris qu’une société sans classe, celle des 2e classe indifférenciés et brassés sans ordre au départ, se hiérarchisait spontanément sur un critère donné, le plus trivial en l’occurrence, celui de l’ancienneté, de la classe d’appel. Les libérables au-dessus de la pile, les bleubites aux corvées. Je mesurai aussi qu’on pouvait se faire baiser par beaucoup plus con que soi. Le cabot inculte au QI d’huître pouvait vous envoyer au trou ou vous torturer quotidiennement. Il fallait s’y soumettre qui que l’on soit. Gare au petit chef doté d’un sifflet, d’une casquette ou d’une quelconque part de pouvoir. Plus il est con, plus il est méchant, plus il est utile aux dominants, au système, à l’ordre établi ; et donc sélectionné à cet effet.

Plus tard, au boulot, je compris que les gens confondaient souvent gentillesse et faiblesse et que les cons osaient tout ; y compris tenter de vous mordre les mollets par derrière, même si vous étiez beaucoup plus fort qu’eux. Mais qu’en même temps, ils pouvaient être surpris quand au bout d’un moment vous leur retourniez un bon coup de latte dans les dents. Je compris aussi que les gens ne respectaient que les gens qui les emmerdent ; ressort fondamental de la hiérarchie et de l’exercice du pouvoir. Il n’y ni partage, ni parité ni consensus dans l’exercice du pouvoir. Mieux vaut être craint qu’aimé. C’est ainsi. Personne n’aime Macron, mais tout le monde craint l’éborgnement.

Voilà pour la condition humaine en temps normal : consensus pour l’ordre même le plus trivial, hiérarchisation et contrôle social spontanés, apparition d’une classe dominante et de classes soumises, demande d’autorité, voire d’autorité injuste, respect et soumission face au dominant, rejet du rebelle car dangereux s’il paraît trop proche de vous. Du coup, on comprend pourquoi les politiques sont comme ils sont : des prédateurs suradaptés à la nature humaine pour en tirer un maximum de profits personnels. Comment le leur reprocher alors que nous les suscitons par nos propres faiblesses.

Mais revenons-en aux ressorts de la dictature. Deux cas de figure : la dictature consentie type Allemagne hitlérienne, ou Turquie actuelle, tout un peuple dominant s’incarne derrière le dominant alpha. Ce cas ne nous concerne pas. La dictature subie de type stalinien, forme archaïque, qui s’établit par la terreur, peur du goulag, peur de la déportation, peur de l’élimination physique, peur de la relégation sociale, peur des pressions exercées sur les familles. C’est ce cas qui nous concerne avec une novation moderniste : la peur panique d’un virus soigneusement mis en scène et la soumission consentie, sans violences, sans camps d’internement, sans déportations. Le totalitarisme 2.0 c’est l’obéissance consentie en contrepartie d’une protection espérée mais jamais donnée. Au contraire, on nous en prive pour d’avantage nous terroriser. 

Cette fois-ci, la peur n’a pas d’incarnation humaine, elle s’établit par rapport à un réalité sans visage, un virus soi-disant sans passeport qu’on a consciencieusement laissé entrer toutes frontières ouvertes et qu’on a fait prospérer en bannissant tous les moyens de lutte. Elle s’établit par des statistiques égrenées tous les soirs avec une constance de métronome par un cyborg aux allures de chef comptable. 

Voilà donc un gouvernement qui tente de nous terroriser en nous interdisant de sortir alors qu’il a tout fait pour nous exposer tout en nous privant de protection. Comment peut-on subir cela sans se rebeller et surtout comment peut-on admettre l’inversion accusatoire que comporte de manière subliminale ce slogan :

Quelle est la responsabilité du citoyen dans la mort de ceux que le pouvoir n’a pas protégés ? Doit-on renter sous terre parce que le pouvoir nous laisse crever ?

Comment osent-ils nous priver de liberté et nous forcer à restez chez nous en nous rendant coupables de mettre la vie d’autrui en danger, alors que ce sont eux qui nous font crever ?

Comment certains d’entre nous peuvent-ils se laisser avoir par une manipulation aussi triviale ?

À l’inverse, c’est nous qui devrions leur hurler :

CASSEZ VOUS

VOUS NOUS FAITES CREVER

L’avènement du pouvoir dictatorial ne peut s’établir que grâce au relai d’une presse de propagande aux ordres, mais aussi grâce au concours de toute une hiérarchie d’affidés, de commensaux, de collabos, de délateurs, de dénonciateurs, de nervis, d’exécuteurs des basses œuvres, de tortionnaires. On peut être un salaud de nature, c’est assez rare, on peut aussi le devenir par calcul opportuniste. Enfin, en conditions exceptionnelles, on peut le devenir par contagion de la peur, parce qu’on pète de trouille.

Nous en somme exactement au point où certains, terrorisés par la propagande mortifère du pouvoir, la relayent, et où d’autres se sentent autorisés à tenter de terroriser les déviants, bientôt à les dénoncer. Le mécanisme du totalitarisme est en route, des collabos sont en train de se susciter dans le pays par la peur qu’ils se communiquent de proche en proche.

La dictature commence exactement ici et maintenant avec ceux qui par peur pointent déjà du doigt les rebelles et les lanceurs d’alerte.

Se déconfiner, c’est-à-dire s’autoriser à sortir quand on veut, comme on veut et pour les raisons que l’on veut, sans subir les diktats illégitimes d’un pouvoir totalitaire ; évidemment masqué en public et éventuellement démasqué quand on est seul, est le premier acte de résistance à la portée de tout un chacun.

SOURCE: RIPOSTE LAIQUE

REVEILLEZ VOUS LES PANGOLINS

LVPT – Lavéritepourtous.com

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