Force est de constaté que la force publique est plus prompt a matraquer et éborgner des travailleurs, retraités et étudiants Français que des dealeurs et racailles en période pourtant d’état d’urgence sanitaire !

Embrasement général: sous le prétexte d’une jambe cassée à Villeneuve-la-Garenne, les banlieues sensibles s’enflamment les unes après les autres : Villeneuve, Pantin, Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois, Champigny-sur-Marne, Tourcoing, quartiers de Toulouse et Lyon… Chaque nuit, des dizaines de voitures sont brûlées, les policiers et pompiers attaqués au mortier ou au cocktail Molotov, affrontements armés… Une forme de guerre s’instaure dans les quartiers, les policiers déjà mobilisés sur tous les fronts se trouvent encore une fois en première ligne.
Le plus étonnant et le plus scandaleux dans tout cela tient en deux mots : aveuglement d’abord, puis bienveillance du gouvernement et des médias.

Il y a un mois, je publiais ici même une tribune intitulée « Le vivre-ensemble à l’épreuve des faits. » D’autres collègues chroniqueurs ont alerté sur ce qu’il se passait. Sur la plupart des médias mainstream, c’était silence radio. Voyons les unes de la presse d’aujourd’hui. Le Monde titre « les jeunes crient à l’injustice, les policiers à l’impunité générale », renvoyant dos à dos les uns et les autres, comme s’il s’agissait de bandes rivales… L’article parle du ras-le-bol des banlieues confinées, des jeunes qui se sentent harcelés par la police, victimes de bavures… L’interpellation houleuse du jeune délinquant de Villeneuve-la-Garenne a été présenté d’office, sur BFM et ailleurs, comme une bavure, sans la moindre des précautions d’usage : les médias auraient-ils oublié la fameuse affaire Théo ?

Libération titre « La révolte gronde » : les banlieues ne supporteraient plus le confinement, car il serait plus dur à respecter pour eux, qui vivent dans de petits appartements… Les mêmes arguments ont été entendus sur France Télévision, BFM TV, RMC Info etc. Personne ne parle de la cause réelle de l’agitation, que j’évoquais ici il y a un mois : la perte de chiffre d’affaires des dealers, qui assure des revenus à une part importante des jeunes de ces quartiers. Sur cette évidence, silence radio, personne ne dit mot : il ne faut pas ostraciser. Le Corse que je suis ne peut s’empêcher de rappeler que lorsque des truands insulaires sont mis en cause dans des exactions, les médias ne prennent pas tant de gants pour rappeler l’origine des gangsters… Personne non plus ne pointe les moyens utilisés : quand on vise des pompiers, des médecins, des infirmières et des ambulanciers au mortier ou au cocktail Molotov, ce n’est plus de la révolte, c’est de l’agression pure et simple.

Quant aux membres du gouvernement, Macron et Castaner en tête, on a vu à quel point ils cherchaient à contourner le sujet en accordant une dérogation de fait aux quartiers : instructions laxistes à la police, et maintenant assouplissement des règles du confinement annoncé par le préfet des Bouches-du-Rhône pour les musulmans en période de ramadan…

Les semaines qui vont suivre, entre prolongement du confinement et crise économique gravissime, verront une explosion sans précédent de la violence dans notre pays : il est grand temps de voir la réalité en face, et d’agir à temps et avec fermeté, plutôt que de laisser couler en espérant que ça se tasse…

Pénurie alimentaire: En Seine-Saint-Denis, des milliers de personnes « vont avoir du mal à se nourrir » durant la présente épidémie de coronavirus. Une affirmation qui émane directement du préfet du département, rapporte Le Canard enchaîné.

Des appels aux grandes entreprises

« Mon principal risque dans les quinze jours qui viennent est, si l’on excepte le risque sanitaire, le risque alimentaire… », a indiqué Georges-François Leclerc à son homologue de la région Île-de-France, dans un mail, évoquant un « risque maximal » également dans le Val-d’Oise, voisin de la Seine-Saint-Denis. « Nous comptons entre 15 000 et 20 000 personnes qui, entre les bidonvilles, les hébergements d’urgence et les foyers de travailleurs migrants, vont avoir du mal à se nourrir », a ajouté le préfet du 93.

Plusieurs solutions locales ont déjà été mises en place : la préfète déléguée pour l’égalité des chances, Anne-Claire Mialot, a par exemple lancé un appel aux grandes entreprises – au secteur privé, donc -, « pour avoir des couches et du riz ». Reste que « ce qui était jouable sur un mois de confinement ne le sera pas sur deux », poursuit le préfet de Seine-Saint-Denis dans son courrier. Un élu confie par ailleurs au Canard enchaîné que, devant les soupes populaires, « les files d’attente ne diminuent pas, et ce ne sont pas des habitués, ce sont des salariés ». 

« Venir en aide à plus de 90 000 personnes »

La Caisse d’allocations familiales (CAF), de son côté, vient d’annoncer le versement d’une aide de 150 euros par foyer aux bénéficiaires de différentes prestations sociales, comme le RSA. Une aide supplémentaire qui ne sera versée qu’à partir du 15 mai. Enfin, lundi 20 avril, le ministère de la Ville et du Logement a annoncé un doublement du nombre de tickets alimentaires. Objectif : « pouvoir venir en aide à plus de 90 000 personnes dans les prochains jours ».

LVPT – Lavéritépourtous.com

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