Ainsi donc, nous aurons droit le 11 mai à une laisse plus longue, 100 km au lieu de 1 km, et au-delà seulement pour « un motif impérieux, familial ou professionnel ». Il faut remercier ce régime qui nous offre plus de liberté dans notre prison. Car il s’agit bien toujours de confinement, c’est-à-dire de prison, on a juste repoussé un peu les murs.

Petit rappel chronologique de notre emprisonnement :

– 26 février : 3 000 supporters italiens viennent à Lyon pour le match OL-Juventus ;

– 7 mars : Macron au théâtre ce soir avec Mémé : « La vie continue. Il n’y a aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie » ;

– 10 mars : Macron à propos des restrictions imposées par l’Autriche aux voyageurs venant d’Italie et de la décision de la Slovénie de fermer sa frontière avec l’Italie : « Je crois que ce sont très sincèrement de mauvaises décisions » ;

– 11 mars : l’Italie ferme ses frontières ;

– 12 mars : discours Macron I : « Dans l’immense majorité des cas, le Covid-19 est sans danger » mais on ferme quand même les crèches, écoles, collèges, lycées, universités ;

– 15 mars : élections municipales maintenues mais 55 % d’abstention ;

– 16 mars : l’Allemagne et la Suisse ferment leurs frontières ;

– 16 mars : discours Macron II : « Nous sommes en guerre ! », restez chez vous, confinement d’au moins 15 jours et « J’ai décidé que le second tour des élections municipales serait reporté » ;

– 17 mars : début du confinement généralisé jusqu’au 31 mars au moins, fermeture des frontières à l’entrée de l’UE pour 30 jours au moins ;

– 20 mars : la Belgique ferme ses frontières ;

– 23 mars : Macron, lors d’une réunion avec les représentants des cultes, a réaffirmé qu’il n’était pas partisan d’un confinement total ;

– 27 mars : confinement prolongé jusqu’au 15 avril au moins ;

– 13 avril : discours Macron III : confinement prolongé jusqu’au 11 mai au moins et « Jusqu’à nouvel ordre, nos frontières avec les pays non européens resteront fermées » (au moins jusqu’à septembre) ;

– 28 avril : « Protéger, tester, isoler », déconfinement aussi flou que le confinement à partir du 11 mai, mais pas complètement, pas partout, pas pour tout le monde, pas tout le temps. Et retour au confinement en cas de pépin. Pas simple à comprendre.

Les frontières sont manifestement un tabou de notre Petit Mamamouchi et il a fait tout son possible pour ne pas les fermer. Il refuse de fermer celles de la France, même quand l’Italie du Nord est submergée par le virus, il déplore quand nos voisins nous claquent la porte au nez sans états d’âme et finalement il se résout à imposer la fermeture des frontières extérieures de l’UE, soit les plus lointaines possible. Et « en même temps », il nous impose un confinement généralisé qui n’est autre qu’une frontière autour de notre propre domicile, autrement dit un emprisonnement chez nous. Même la « distanciation sociale » est une frontière puisqu’elle impose dans les lieux publics un cercle de sécurité sanitaire autour de chacun d’entre nous. La frontière évacuée par la porte revient toujours par la fenêtre. Tardif retour de ce que l’anthropologue américain Edward T. Hall appelait la « proxémique » dans les années 60 : la frontière n’est pas qu’une construction administrative artificielle, elle est une composante anthropologique essentielle de notre espace individuel. Les délires de la société ouverte à tous les vents, les « No Border », ça ne marche plus quand la survie est en jeu.

Pour le déconfinement, on a pensé un moment qu’il différerait suivant les 13 régions. Trop compliqué et discriminatoire. Il différera donc suivant les 96 départements. À partir du 11 mai, Bison Confiné nous dévoilera chaque jour la couleur des départements, vert pour les paradis sanitaires, rouge pour les pestiférés. Mais un ressortissant d’un département vert pourra-t-il rendre visite à ses parents dans un département rouge puis revenir dans sa verdure habituelle, les bronches pleines de la vilaine bestiole chinoise ? Et les pays étrangers nous laisseront-ils entrer chez eux ? Et comment vérifiera-t-on la couleur d’un individu ? Pour les voitures, il faudrait revenir aux anciennes plaques d’immatriculation qui portaient le numéro du département, les actuelles ne font pas l’affaire. Avec une appli de traçage sur smartphone alors mais StopCovid, celle que l’administration française pilote avec la redoutable inefficacité qu’on lui connaît, a semble-t-il du plomb dans l’aile. Ou encore avec une brigade de 30 000 enquêteurs qu’on pourrait appeler des Vopos (ou des Gardes rouges pour les plus jeunes). Ou peut-être avec une élégante pièce de tissu colorée cousue bien en évidence sur son vêtement. Il est toujours bon de s’inspirer de l’efficacité allemande. Le foutoir français, lui, va continuer un bon moment encore.

Qui déterminera la couleur du département ? On laissera, paraît-il, une grande latitude aux responsables locaux. Il est vrai que l’efficacité (encore) de l’administration décentralisée allemande dans cette crise est assez humiliante pour notre bureaucratie ultra-centralisée tatillonne jusqu’à l’absurde. Alors, pour une fois, on va laisser faire ceux qui sont sur le terrain et sont les mieux placés pour savoir ce qu’il convient de faire. Mais on a un peu oublié que les élections municipales ne sont toujours pas terminées : les maires sortants sont toujours aux commandes de leur ville, même ceux qui ne se représentaient pas, même ceux qui sont en ballottage défavorable, même ceux qui ont été battus ! On peut douter de leur bonne volonté à faire des heures supplémentaires. En outre, on sait que les préfets, en bons larbins du régime qu’ils sont, ne manquent jamais une occasion de casser les décisions locales pour se faire bien voir du régime. On en a eu suffisamment d’exemples récemment.

Mais la vraie raison inavouable de confier la responsabilité aux élus locaux est de les impliquer jusqu’aux oreilles dans les décisions prises, de les obliger à en assumer la responsabilité politique, juridique voire pénale si ça tournait mal. Il en va de même pour la supposée « Union nationale » qui pourrait se mettre en place. Racler les fonds de tiroirs les plus moisis d’une classe politique avariée, toujours prête à accourir à la gamelle, faire en sorte de mouiller dans la combine un maximum d’arrivistes, bien diluer les responsabilités, c’est une assurance-vie pour le régime. Quand tout le monde est responsable, plus personne n’est coupable. Imaginez que les Français se réveillent enfin un jour, se révoltent et désignent des responsables-et-coupables ! Le « Ce n’était pas de ma responsabilité » ou « Je n’ai fait qu’obéir aux ordres », on connaît malheureusement trop bien.

Hélas, le déconfinement du 11 mai ne sera pas un chemin de roses car l’état des lieux de notre pays après deux mois d’arrêt presque complet est catastrophique : ce n’est pas la prospérité qui est au coin de la rue mais une crise économique et sociale désastreuse. La faillite guette des milliers d’entreprises, le chômage des millions de travailleurs, la misère beaucoup d’entre nous. Ce retour à une réalité que les progressistes nous affirmaient définitivement révolue va être terriblement douloureux. Qu’on se souvienne du « monde d’avant » déjà bien agité : 1 an de Gilets jaunes, 4 mois de manifs et de grèves contre la réforme des retraites, 1 an de grève symbolique des soignants (oui, ceux qu’on applaudit bêtement tous les soirs à 20 h), alors on peut parier que le « monde d’après » sera, lui, en ébullition car ceux qui auront vaillamment lutté sans compter leurs temps pour empêcher le naufrage de la France pendant la crise réclameront une légitime reconnaissance. Même Rachida Dati l’a compris : ces petits, ceux qui ne sont rien, ces « aides-soignantes, infirmières, ambulanciers, aides à domicile, femmes de ménage, caissières, livreurs ou encore personnel pénitentiaire », « ceux qui nous ont alertés il y a quelques mois sur les ronds-points », les Gilets jaunes « tiennent aujourd’hui le pays à bout de bras ! ». Ceux-là mêmes qui depuis 3 ans sont méprisés, humiliés, gazés, réprimés, éborgnés, mutilés par le régime.

Dans ces conditions, on peut penser que la révolte va se développer et s’amplifier dans les prochains mois et que le régime va tenter par tous les moyens de la museler. Le confinement à domicile, le traçage du téléphone, la reconnaissance faciale, la surveillance par drones et hélicoptères, le flicage généralisé ont montré leur efficacité pour domestiquer la population et le régime ne va pas se gêner pour les utiliser toujours plus massivement contre nous (nous les Français, pas les allochtones qui ont tous les droits pour exprimer leur haine viscérale de la France). Nos libertés fondamentales garanties par la Constitution sont vouées à disparaître, effacées arbitrairement par de simples décrets. Notre démocratie devient de plus en plus virtuelle et se mue insensiblement en dictature de fait. Ce régime nous a déjà volé 2 mois de notre vie sans que nous protestions (puisque c’était pour notre bien). La prochaine étape sera l’annulation de l’élection présidentielle de 2022, sans doute à cause de « risques de troubles à l’ordre public ». Toutes les dictatures annulent les élections pour se maintenir indéfiniment au pouvoir, la France n’y échappera pas.

Voilà ce qui arrive quand on confie son destin à un gamin immature, pervers narcissique capricieux et arrogant, ersatz de chef d’État qui se prend pour le roi du Monde.

LVPT – Laveritepourtous.com

Publicités
Publicités

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s